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Café liberica torréfié en plein air : le premier test

Café liberica torréfié en plein air : le premier test

Le sac est arrivé cette semaine et sur la toile de jute il est écrit liberica. C'est une espèce que la moitié des gens qui passent devant l'étal n'ont jamais goûtée. Le café liberica torréfié en plein air au Marché de l'Abattoir commence exactement comme ça, avec un lot dont Laurent connaît pour l'instant seulement l'étiquette : origine, méthode de traitement, altitude. Le reste se découvre samedi matin, quand Golden chauffe et que les premiers grains entrent dans le tambour.

Pourquoi le café liberica torréfié en plein air part de zéro

Laurent a porté beaucoup de sacs de jute jusqu'à cet étal et aucun ne portait la mention liberica. Sur plus de 120 espèces de Coffea, le commerce mondial tient sur deux, l'arabica et le robusta, et le liberica reste sous le pour cent de ce qui se boit sur la planète. Un petit torréfacteur peut travailler dix ans sans jamais en voir passer un sac entre ses mains. C'est pour ça que celui-ci est posé près du tambour, à la vue de tous : c'est le premier pour lequel notre classeur de fiches est vide. L'étiquette nous donne le traitement, et c'est justement le traitement qui a fait entrer l'espèce dans la conversation specialty cette année. Les fermentations anaérobies sortent sur des notes de fruits tropicaux et un corps sirupeux, les lavés partent vers le floral et l'agrume.

Ce sac est passé par Anvers, le plus grand port de café vert au monde, où le grain attend dans des entrepôts à température et humidité tenues toute l'année. Trois jours plus tard, il ressort sur du béton, à un étal, sous un ciel qui change d'avis toutes les heures. Entre ces deux endroits se trouve tout notre métier.

Comment se comporte le café liberica torréfié en plein air dans le tambour

La première vérification se fait la main dans le sac, avant tout réglage. Le grain de liberica remplit la paume autrement : il est de 50 à 75% plus grand que celui d'arabica et atteint 12 à 16 millimètres, avec une forme irrégulière et une densité inégale. La chaleur y pénètre à plusieurs vitesses, donc un même grain peut sortir avec des taches claires d'un côté et foncées de l'autre. Il demande un développement plus long, et une courbe trop courte laisse dans la tasse un goût vert, herbacé.

Ce week-end nous donne deux journées différentes. Samedi, entre 13 et 22 degrés, ciel couvert le matin qui se dégage après midi, sans pluie, vent faible de sud-ouest sous les 10 km/h, un air qui tient presque en place à côté du tambour. Dimanche, ciel couvert du matin au soir, deux degrés de moins à midi, le même sud-ouest mais trois fois plus fort dès la première heure, autour de 15 km/h, et quelques gouttes possibles l'après-midi. Laurent lit cet écart avant d'allumer, puis ajuste le feu et le temps sur Golden. Sur un grain de cette taille, la marge se compte en dizaines de secondes.

La première torréfaction d'essai : du café liberica torréfié en plein air, devant les clients

Les grandes maisons ont un atelier à l'arrière où elles se trompent tranquillement. Nous avons un tambour à ciel ouvert, au milieu du marché, avec des gens qui s'arrêtent pour demander ce qui sent comme ça. Tout l'écart entre torréfaction artisanale et industrielle se joue à cet endroit.

Laurent demande la permission à la cloche, puis il écoute. Chez le liberica, le premier crack arrive plus tard et s'étale sur des dizaines de secondes, parce que les grains n'ont pas le même calibre et n'y arrivent pas ensemble. Il note sur un carton la position de la flamme, la minute, l'odeur dans la fumée. Si le premier essai est raté, il finit dans le seau devant tout le monde. C'est la partie honnête du métier, et c'est aussi celle qui fait peur.

Ce que Libex annonce pour le café liberica torréfié en plein air

Le 14 mai 2026, l'équipe d'Aaron Davis aux Royal Botanic Gardens de Kew a publié dans Scientific Reports l'analyse de 113 échantillons venus de trois continents et a proposé le nom Coffea × libex pour l'hybride entre liberica et excelsa. Des producteurs du Sarawak le cultivaient depuis des années sans savoir ce qu'ils avaient dans les mains.

Pour un petit torréfacteur, ce qui compte se sent dans la paume. L'étude montre que les hybrides se placent entre les deux parents pour la taille de la graine et l'épaisseur de la parche, deux choses qui pèsent lourd à la récolte et au traitement. Pour celui qui tient la manette, elles décident de combien bougent les réglages d'un lot à l'autre. L'étude leur reconnaît aussi la capacité de transmettre de la résistance aux maladies. La traduction pour nous est simple : dans les années qui viennent, il arrivera plus de sacs pour lesquels aucune fiche de torréfaction n'a été écrite par quelqu'un d'autre.

C'est exactement le métier que nous avons choisi. Un atelier fermé demande au fournisseur un profil déjà fait et le rejoue sur un écran. À l'étal, à Anderlecht, le premier profil d'un lot inconnu s'écrit à la main, sur un carton, le samedi matin, avec l'air du jour dedans et dix personnes qui regardent par-dessus l'épaule. Celui qui achète le paquet emporte aussi la toute première note écrite sur ce grain.

Où goûter le café liberica torréfié en plein air

Le lot d'essai sort samedi et dimanche, au Marché de l'Abattoir, sortie du parking Manufakture, à Anderlecht. Demandez la tasse de dégustation et dites à Laurent ce que vous trouvez, parce que les notes sur le carton s'écrivent aussi avec ce que racontent les gens qui boivent la première gorgée en plein air. La quantité est petite et ce lot ne se répétera jamais à l'identique. Le reste des lots est ici.

Brut. Sauvage. Imprévisible.

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